Le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté (MINEDU-NC) a lancé, ce jeudi 10 septembre 2026 à Kinshasa, la campagne de recrutement de 2.500 enseignantes du secondaire, dans le cadre du Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF).
Cette première phase de recrutement vise à renforcer les effectifs enseignants dans les établissements scolaires publics des provinces ciblées par le projet, à contribuer à l’amélioration de la qualité des apprentissages et à accroître progressivement la représentation des femmes dans le corps enseignant du secondaire.
Au-delà du recrutement, cette campagne marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la politique de recrutement des enseignants fondée sur le mérite, conformément aux orientations du Ministère et à la note circulaire du 22 mai 2026. Cette approche, déjà expérimentée dans l’enseignement primaire, est ainsi progressivement étendue au secondaire.
Un recrutement fondé sur le mérite, la transparence et l’équité
Représentant le Secrétaire général à l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté lors de l’activité, la déléguée du Ministère a souligné l’importance de cette nouvelle approche dans la modernisation de la gestion des ressources humaines du secteur éducatif.
« Le présent processus revêt une importance particulière dans la mesure où il met en œuvre la nouvelle politique de recrutement fondée sur le mérite, officialisée par la note circulaire du 22 mai 2026 », a-t-elle déclaré.»
Elle a insisté sur la nécessité de garantir, à toutes les étapes du processus, le respect des principes de transparence, d’équité, d’impartialité et de mérite, afin d’assurer un recrutement crédible et conforme aux exigences de la réforme engagée par le Ministère.
Le processus sera essentiellement numérisé à travers la plateforme e-recrutement, conçue pour assurer une gestion structurée et sécurisée des différentes étapes : réception et présélection des candidatures, organisation des tests, correction, évaluation et publication des résultats.
Cette digitalisation doit notamment contribuer à renforcer la traçabilité du processus, à réduire les risques d’interférence et à garantir une sélection objective des candidates.
Promouvoir la représentation féminine sans renoncer au mérite
La particularité de cette campagne réside également dans sa volonté de contribuer à une meilleure représentation des femmes dans l’enseignement secondaire.
L’objectif n’est pas de substituer un critère de genre au mérite, mais de valoriser les compétences et les qualifications des femmes et de créer les conditions permettant à davantage d’entre elles d’accéder aux opportunités professionnelles dans le secteur éducatif.
Une attention particulière sera notamment accordée aux filières scientifiques, techniques et professionnelles, dans lesquelles la participation féminine demeure encore insuffisamment représentée.
Présent à cette activité, le Directeur chargé des Ressources humaines du Ministère a relevé l’importance de cette réforme pour le renforcement du système éducatif.
Selon lui, cette démarche doit permettre au Ministère de disposer progressivement d’un personnel enseignant mieux sélectionné, tout en contribuant à renforcer la confiance des filles dans leur parcours scolaire et professionnel.
« Le Ministère entend renforcer la qualité de l’enseignement, consolider la confiance des filles dans le système scolaire et promouvoir une société plus juste et équilibrée », a-t-il souligné.
Il a également précisé que les candidates seront évaluées de manière objective, sur la base de leurs compétences, de leurs qualifications et de leur mérite professionnel, conformément aux critères établis pour le recrutement.
Le PAAF accompagne une réforme structurante
Avec l’appui du Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF), le Ministère prévoit, à terme, le recrutement de 5 000 nouvelles enseignantes qualifiées du secondaire dans les dix provinces ciblées par le projet.
La campagne lancée ce 10 septembre constitue ainsi la première étape de ce processus, avec 2 500 enseignantes concernées.
Pour la Coordonnatrice du PAAF, Alice Mutambay, plusieurs avancées importantes ont été enregistrées entre novembre 2025 et août 2026 en vue de préparer ce recrutement.
Il s’agit notamment de l’élaboration d’une banque d’épreuves et de grilles de correction, de la signature de la note circulaire du 22 mai 2026, de la validation technique de la nouvelle politique et du manuel de recrutement, ainsi que de la mise en place de la plateforme numérique dédiée au processus.
Le dispositif a également été renforcé par la formation de 60 experts centraux à Kinshasa, suivie du déploiement de 44 experts nationaux dans 19 provinces éducationnelles.
Par ailleurs, 206 tablettes ont été déployées afin de faciliter la gestion numérique des opérations sur le terrain.
En amont du recrutement, plus de 7 000 inspecteurs ont également été mobilisés pour contribuer à la cartographie des besoins en remplacement, notamment ceux liés aux départs à la retraite. Cette étape doit permettre d’assurer une meilleure adéquation entre les besoins réels des établissements scolaires et les recrutements à effectuer.
Des résultats attendus et vérifiables
Au-delà de son impact sur les ressources humaines du secteur éducatif, cette réforme revêt également un enjeu important dans le cadre du financement du PAAF.
L’atteinte des résultats attendus pourrait contribuer au déblocage d’un appui budgétaire pouvant atteindre 16 millions de dollars américains de la Banque mondiale, dont le décaissement est conditionné à l’atteinte de résultats réels, vérifiés et mesurables.
Cette exigence renforce la nécessité d’un processus rigoureux, transparent et documenté, depuis l’identification des besoins jusqu’à la sélection et l’intégration des candidates retenues.
Prochaines étapes.
Après le lancement de la campagne, les prochaines étapes porteront notamment sur la diffusion du communiqué officiel, l’ouverture de la réception numérique des candidatures, l’organisation des tests écrits et pratiques, la correction et l’évaluation des candidates, ainsi que la publication des résultats.
Les candidates retenues seront ensuite intégrées dans la base de données destinée à leur prise en compte dans le processus de mise en paie, sous réserve des procédures de vérification et de contrôle prévues.
Cette campagne s’inscrit pleinement dans la dynamique d’exécution du Plan quinquennal 2024-2029 du MINEDU-NC, notamment dans ses troisième et quatrième principes directeurs, consacrés respectivement à l’investissement dans la formation et le développement professionnel des enseignants, ainsi qu’à la promotion de l’équité et de l’inclusion.
À travers ce recrutement, le Ministère entend ainsi poursuivre une double ambition : renforcer la qualité de l’enseignement secondaire par un recrutement fondé sur le mérite et contribuer à une meilleure représentation des femmes dans le corps enseignant.
Le lancement de cette première phase de 2 500 recrutements constitue, à cet égard, une étape importante dans la mise en œuvre d’une gestion plus transparente, équitable et performante des ressources humaines de l’éducation en République démocratique du Congo.
Willy Kambulu
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