Raïssa Malu : « Plus d’un million d’élèves sont affectés par cette situation de guerre dans les Nord et Sud-Kivu »

Raïssa Malu : « Plus d’un million d’élèves sont affectés par cette situation de guerre dans les Nord et Sud-Kivu »

Actualité
05 mars 2025
Le ton était grave, l’urgence palpable et les chiffres terrifiants. Raïssa Malu, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, a lancé un cri d’alarme, ce mardi 4 mars 2025, lors d’un briefing de presse où elle a exposé l’étendue des ravages causés par l’agression rwandaise sur le système éducatif des provinces du Nord et Sud-Kivu. Plus d’un million d’élèves privés d’éducation, des écoles réduites en cendres par les bombardements, des centaines d’autres transformées en bases militaires par des groupes armés. Les chiffres sont accablants « On a des écoles qui ont été détruites à la suite des bombardements, des centaines d’écoles sont occupées par les groupes armés ». La ministre n’a pas mâché ses mots : « Nous avons près de 2.500 écoles qui sont affectées par cette guerre dans ces provinces. On a aussi déploré une école qui aurait servi de cimetière, des écoles pour lesquelles les tableaux et les bancs ont été détruits servant de bois de chauffe », s’est-elle indignée. L’œuvre de reconstruction éducative, patiemment menée ces dernières années, est réduite à néant. « C’est extrêmement dur de voir une école détruite sachant tous les efforts que l’on met pour pouvoir en construire », a déploré Raïssa Malu, avant de rappeler les valeurs cardinales du serment du citoyen : « l’amour de la patrie, l’amour et le respect du compatriote, le respect du bien commun ainsi que l’unité et la fraternité nationale ». Malgré l’insécurité, la volonté de rouvrir les écoles demeure intacte, mais sous conditions strictes. « Les écoles sont poussées à rouvrir, mais évidemment avant d’ouvrir une école, on doit s’assurer que les conditions de sécurité sont assurées. Donc, il y a une fiche qui permet de vérifier ces conditions-là ». La réalité est sombre : « On a une présence autour de 50% des enfants dans les écoles. Ce qui montre bien qu’effectivement le sentiment d’insécurité reste très élevé pour les parents qui gardent encore leurs enfants ». Malgré tout, Raïssa Malu plus que déterminée « Nous sommes d’abord déterminés à régler la situation de la guerre. Mais, pour ce qui est de mon secteur, en particulier, nous tenons à améliorer l’accès à une éducation de qualité. Je réaffirme, ici, notre solidarité et, également, notre engagement pour une éducation de qualité parce que c’est l’éducation qui soutient le développement du pays et notre but est d’accélérer ce développement. Nous allons mettre les bouchées doubles dans le secteur de l’éducation nationale », a-t-elle martelé. Le dossier de l’utilisation des langues nationales à l’école a également été abordé. « Pour ce qui est de l’utilisation des langues nationales à l’enseignement, ça a été mon combat de ces dernières années. Je suis la première défenseure de l’utilisation des langues nationales parce que si je veux améliorer l’enseignement des sciences et des mathématiques, pour moi, il faut que ça passe notamment par l’utilisation des langues », a-t-elle déclaré. Un travail de fond est en cours pour former les enseignants à cet effet. « On avait déjà commencé ce travail avec le ministère de l’Enseignement supérieur. On a besoin d’avoir des scientifiques et des linguistes qui travaillent pour que le concept soit correctement traduit et véhiculé », a conclu la ministre d’État. Rigobert MUKENDI

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