AGORA Conference 2026 : Raïssa Malu mise sur le lien entre éducation, électricité et transformation numérique

AGORA Conference 2026 : Raïssa Malu mise sur le lien entre éducation, électricité et transformation numérique

Actualités
28 octobre 2026

La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a plaidé pour une meilleure articulation entre les investissements dans l’électricité, les équipements scolaires et la formation des jeunes, afin de faire de l’accès à l’énergie un levier de développement économique et d’amélioration des apprentissages en République démocratique du Congo (RDC).

 

 Elle a défendu cette approche lors de l’AGORA Conference 2026, organisée du 26 au 27 octobre à Palerme, en Italie.

Intervenant lors d’un panel ministériel de haut niveau, la ministre a souligné que l’électrification ne produit pleinement ses effets que si les populations disposent des compétences et des équipements nécessaires pour en tirer profit.

 

« La véritable valeur de l’électricité ne réside pas uniquement dans la disponibilité, mais dans ce que les populations sont capables d’en faire. Une économie productive a besoin d’énergie, d’équipements et de compétences.

 

 L’éducation est donc un investissement complémentaire indispensable pour que l’électrification produise de la valeur économique et sociale », a-t-elle déclaré.

Cette vision rejoint les orientations du Plan quinquennal 2024-2029 du ministère, qui fait de l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC), de l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de la promotion de l’équité des priorités de la politique éducative.

 

Des initiatives déjà engagées dans le secteur éducatif

 

Au ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, cette orientation se traduit notamment par des initiatives visant à renforcer la connectivité et à accélérer la transformation numérique du système éducatif.

 

Le 2 avril 2026, le ministère et le Fonds de développement du service universel (FDSU) ont signé un protocole d’accord destiné à développer un réseau numérique reliant l’administration centrale, les services provinciaux, les bureaux gestionnaires et les établissements scolaires. Ce partenariat prévoit également le développement d’infrastructures numériques, l’équipement des écoles et l’amélioration de la gestion des données éducatives.

 

Le 24 septembre 2026, Raïssa Malu a également échangé avec le directeur général d’Airtel RDC, Thierry Diasonama, sur des initiatives de transformation numérique, notamment le déploiement envisagé de laboratoires d’apprentissage numérique autonomes en énergie solaire dans cinq provinces éducationnelles. Les discussions ont aussi porté sur le renforcement des compétences numériques des enseignants et du personnel administratif. 

 

Par ailleurs, les assises nationales de la Revue annuelle des performances (RAP) 2026, lancées le 25 août à Kinshasa, ont été consacrées à l’éducation numérique, avec pour objectif de contribuer à la modernisation du système éducatif. La ministre y a notamment insisté sur la nécessité de traduire les orientations stratégiques en actions concrètes et mesurables.

 

Évaluer les effets de l’électrification

À Palerme, Raïssa Malu a également appelé à mesurer les effets concrets de l’accès à l’électricité sur les conditions de vie des populations, au-delà du nombre de ménages raccordés au réseau.

 

« Que devient une communauté après l’arrivée de l’électricité ? », s’est-elle interrogée.

 

Pour la ministre, l’évaluation doit notamment prendre en compte les progrès dans les apprentissages, le développement des activités productives, les possibilités d’emploi et l’évolution des revenus. Elle a ainsi défendu une approche associant les investissements énergétiques, éducatifs et économiques afin de favoriser des résultats durables au sein des communautés.

 

La Mission 300, une opportunité pour la RDC

 

La participation congolaise à cette conférence s’inscrit dans le cadre de la Mission 300, une initiative soutenue notamment par le Groupe de la Banque mondiale et des partenaires italiens, qui vise à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030.

 

Pour Raïssa Malu, cette initiative représente une double opportunité : améliorer les conditions d’apprentissage dans les écoles et préparer les jeunes Congolais aux emplois liés à la transformation économique.

 

En RDC, le taux d’accès à l’électricité est estimé à 21,5 %, avec un objectif de 62 % évoqué dans le cadre des ambitions nationales. Le projet hydroélectrique Grand Inga est appelé à contribuer à l’augmentation de la capacité de production électrique du pays, avec une puissance projetée de 42 000 mégawatts.

La ministre a souligné que ces ambitions doivent s’accompagner d’investissements dans la formation et les compétences, afin de répondre aux besoins des entreprises et de soutenir l’innovation.

 

 Cette approche rejoint deux principes directeurs du Plan quinquennal 2024-2029 du ministère : l’intégration des TIC dans l’éducation et la promotion de l’équité et de l’inclusion. Elle s’inscrit dans la volonté de la Ministre d'État de moderniser le système éducatif et de réduire les inégalités d’accès à une éducation de qualité, notamment grâce à l’électricité, aux équipements numériques et au renforcement des compétences.

 

Moïse Dianyishayi

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