49 ans de mélange de vie professionnelle et de mère : «Je me comportais comme mère – enseignante à la maison et comme enseignante -mère à l’école », Thérèse Epambo

49 ans de mélange de vie professionnelle et de mère : «Je me comportais comme mère – enseignante à la maison et comme enseignante -mère à l’école », Thérèse Epambo

Actualité
17 mars 2023

Dans le cadre du mois dédié à l’émancipation et l’autonomisation de la femme, la rédaction de la Direction de Gestion de Communication ( DGC- EPST) est allée à la rencontre de madame Thérèse Epambo Nyabitane, enseignante à l’école Saint- Pierre de Kinshasa située dans la capitale éponyme de la République démocratique du Congo, dans la commune de Kinshasa.

Veuve, mère de 6 enfants aujourd’hui et enseignante depuis plus de 49 ans, Thérèse Epambo confie dans cette interview accordée, ce 7 mars 2023, comment elle s’y est prise durant ces 5 dernières décennies pour combiner harmonieusement sa vie professionnelle au statut de mère au vu des responsabilités que ça implique.

DGC : D’où vous est venue l’idée de devenir enseignante ?

Thérèse EPAMBO : J’ai débuté ce métier en étant très jeune. Toute ma jeunesse, je l’ai passée dans l’enseignement. J’ai découvert que c’était ma vocation et une passion dès que j’étais écolière. Durant la période des grandes vacances, j’avais l’habitude de réunir les enfants et les enseigner, c’était mon jeu ou passe-temps favori. Ma plus grande inspiration est mon maitre de la première année primaire, le feu Dominique Ebebele de la mission catholique Libanda.

Il me plaisait beaucoup comme enseignant et encadreur, cela a fait naitre et grandir en moi le gout de l’enseignement. Il y a aussi mes oncles enseignants qui m’ont inspirée. J’étais très observant dans la façon dont ils vivaient dans leurs ménages lors de nos différentes visites en famille. Et je me suis orientée vers la section pédagogique.

DGC : Comment arrivez-vous à combiner la vie de famille et celle d’enseignante ?

T E : Cela n’était pas facile de combiner ma vie de famille et professionnelle. Je mettais tout en ordre à la maison jusqu’au plus petit détail. J’encadrais mes enfants comme enseignante et mère. En tant que femme mariée, je faisais un effort pour équilibrer ma vie de famille et professionnelle. Je prenais soin de ma famille en tout. Je me comportais comme mère – enseignante à la maison et comme enseignante -mère à l’école.

DGC : Durant votre parcours, quel est le degré où vous avez le plus enseigné ?

T E : J’ai enseigné au niveau de l’école primaire dans tous les degrés. Mais au niveau de la 6ème primaire, je n’ai pas vraiment enseigné sauf que j’ai joué un intérim en l’absence d’un collègue malade pendant 3 semaines.

Actuellement, je suis enseignante en première année primaire.

DGC : Quelles sont les écoles où vous avez exercé votre métier ?

T E : Ma première expérience, je l’ai vécue dans une école privée dénommée EP Sukami dans la commune de Kalamu. Après la récupération des écoles privées par l’Etat, j’ai été de la première promotion des enseignants dans l’Ecole primaire Kalamu, une école se trouvant au sein de la Paroisse Sainte Marie Goretti dans la commune de Kalamu.

Actuellement, je suis enseignante à l’école primaire de Saint Pierre et cela depuis 45 ans.

A mes débuts, j’avais une moyenne de 60 à 50 élèves par classe. Avec la prolifération des écoles privées, nous avons connu une baisse de la moyenne à 35 élèves. Et actuellement, j’ai 15 élèves dans ma classe de première primaire.

DGC : A presque 50 ans d’enseignement, pensez-vous aussi à la retraite ?

T E : J’y pense. En tant que missionnaire, je suis prête à y aller quand on m’enverra. Mais ma crainte est qu’il n’y ait pas certaines assurances et que l’Etat ne respecte pas les clauses de sortie. Je n’aurais pas trop de souci dans ma retraite, car je vais vaquer librement à mes occupations au sein de l’église. Les différents caprices des enfants ne me manqueront pas. Je pourrais vivre loin de ses enfants que j’ai tant aimés.

DGC : Dans votre famille, il y en a qui veulent marcher sur vos pas dans l’enseignement ?

T. E : J’ai eu un de mes enfants qui s’était orienté vers la pédagogie mais malheureusement, il n’a pas percé. J’ai mon petit fils qui effectue actuellement son stage au sein d’une école comme enseignant.

Interview réalisée par Glodi Mboma Bokiki

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