Voici ce qu'il faut savoir de "la grande Fête du préscolaire"
Pour en savoir plus sur ce nouveau concept, « la grande fête du préscolaire », nous nous sommes entretenu avec le coordonnateur de l’organisation non gouvernementale, Agence pour la Promotion de l’Enseignement (APE), Michel OTTO.
Cet acteur éducatif nous explique ce nouveaux concept, le bien fondé de sa création et ce à quoi il concourt.
DGC : qu’entendez-vous par la grande Fête du préscolaire ?
Michel OTTO : c’est un nouveau concept lancé l’année dernière. Ce n’est rien d’autre qu’une façon de communiquer au tour du préscolaire en vue d’augmenter les chances pour les enfants qui n’ ont pas eu l’occasion d’accéder aux structures préscolaires. Enfin, c’est un concept qui permet à tous les acteurs pédagogiques de prendre conscience que le préscolaire est un monde où doit reigner la qualité... C'est une occasion pour nous de suffisamment communiquer afin de rappeler aux autorités et à la communauté que le préscolaire existe et qu’il est très important. Cette fête devra réunir 1000 personnes à l’attention des décideurs.
DGC : Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre sur pied ce nouveau concept?
Michel OTTO : rappelons ici que notre pays est régi par des lois. Au niveau de la république nous avons la Constitution et au niveau de l’EPST il y a la loi cadre et la stratégie sous-sectorielle. Ce sont ces trois éléments majeurs au niveau national qui ont constitué notre motivation. La Constitution de notre pays reconnait l’éducation comme l’un des droits fondamentaux de l’enfant congolais. Dans la loi cadre, bien que l’obligation du préscolaire n’est pas repris de façon explicite, son importance y est reconnue. Quant à la stratégie, elle montre clairement le pourquoi du préscolaire et veut qu’il ait un taux d’accès important en rapport à cela. Aujourd’hui la République démocratique du Congo est à 6% du taux d’accès au préscolaire. Ce qui est grave. A ceci s’ajoute une situation alarmante, un taux de 12% du personnel qualifié pour le préscolaire. Raison de plus pour changer les choses.
DGC : pouvez-vous faire un bref aperçu sur la situation du préscolaire en RDC ?
Michel OTTO : il nous faut reconnaitre qu’actuellement il y a plus d’écoles privées que publiques. A titre illustratif, la commune de Kintambo ne comptait que 2 écoles maternelles publiques (il y a 2 ans), ce qui constitue un problème sérieux qui nécessite beaucoup d’efforts pour une bonne amélioration.
DGC : vous êtes parti de quels constats pour arriver à ce concept ?
Michel OTTO : nous sommes partis des contacts ci-après :
Un taux d’accès faible ;
Un manque d’infrastructure ;
Un faible taux du personnel enseignant qualifié.
Pour une meilleure compréhension, prenons notre système éducatif comme un immeuble à trois niveaux ; l’école primaire, l’école secondaire et les études supérieures. Mais comme fondation c’est le préscolaire.
Notre édifice a des fissures, ce qui n’est un secret pour personne. Ici il faut entendre par fissures, un faible niveau de lecture, d’écriture et de mathématique chez les élèves du primaire. Comme hypothèse émis, cela pourrait être dû à la mauvaise fondation. Sachons le bien que lire est un processus, écrire est processus et calculer également. Ce processus commence par les fondamentaux qui sont appris au préscolaire. D’où, nous devons réveiller les parents, la communauté car, beaucoup pensent que n’importe qui peut enseigner à l’école maternelle alors qu’il faut une formation et qu’à l’école maternelle l’enfant n’y va pas que pour chanter, danser et jouer sans rien apprendre.
DGC : qu’est-ce que vous pouvez dire à ceux qui pensent qu’à l’école maternelle les enfants n’y vont que pour chanter, danser et jouer sans rien apprendre ?
Michel OTTO : le préscolaire prépare l’enfant à la vie, à l’école primaire, il rend l’enfant stable. Selon des études menées, il été prouvé que lorsque l’enfant commence la scolarité à 6 ou 7 ans il perd certains atouts qu’il ne pourra plus jamais récupérer dans sa vie. Tandis qu’un enfant qui est passé par l’école maternelle a des bons scores en lecture, écriture et mathématique. Bref, un enfant ayant fréquenté le préscolaire est stable dans son foyer et sa vie professionnelle.
Donc ne pas croire au préscolaire c’est être ignorant car à la maternelle l’enfant apprend beaucoup mais en chantant, en dansant et en jouant. C’est un mode d’apprentissage approprié.
DGC : pouvez-vous en dire un peu plus sur la deuxième édition de la grande fête du préscolaire ?
Michel OTTO : la deuxième édition avec comme thème « la maternelle pour une meilleure préparation à la vie » aura lieu le samedi 12 août 2023 à l’école SIFA à Lemba (lemba foire), dans la ville de Kinshasa à partir de 09 h00’. Ce grand évènement a pour cible les acteurs pédagogiques du préscolaire et du primaire, les parents, les décideurs ; les autorités, la communauté. Et comme activités prévues nous aurons : les conférences débats, des jeux concours, des karaokés, de la danse, des ateliers d’échange d’expérience, des témoignages, etc.
En ayant déjà les autorités de l’EPST (le ministre, le secrétaire général et l’inspecteur général) à nos côté, la grande fête du préscolaire est un pari déjà gagné en avance.
Gaëlle BASUBI