"Le principal frein au développement d'un enfant autiste c'est l'acceptation par les parents" ( Dr. Mukau)
Le principal problème qui bloque le développement d'un enfant autiste est le fait qu'un parent d'un enfant qui présente un trouble du neurodeveloppement ne l'accepte pas si facilement.
Or, il faut commencer par l'accepter afin de les mettre dans le contexte qui favorisera son développement malgré l'affection de certains de ses principaux domaines.
Ces conseils sont du professeur docteur Joachim Mukau Ebwel, expert en psychologie de la santé.
Il l'a dit lors d'une interview accordée à la rédaction de la Direction de gestion de communication de l'EPST.
Pour le propriétaire du Centre d'évaluation et d'intervention pour Enfants présentant un Handicap Mental et ou l'autisme( CEIEHMA), une prise en charge précoce de l'enfant autiste peut réduire sensiblement les symptômes de ce troubles chez l'enfant.
« L'une des difficultés que vit un enfant autiste c'est d'abord la stigmatisation. L'enfant lui-même ne le sent pas. Pour un enfant, ce n'est pas lui le problème, ce sont les parents. C'est pourquoi chez nous ici à Bandal ( une des communes de Kinshasa, capitale de la RDC, ndlr) nous organisons ce que nous appelons l'inclusion", a dit l'expert.
Il ajoute, "ce sont les parents qui refusent d'accepter la situation et de placer leur enfant dans une école spécialisée. Ils refusent qu'on apprenne à l'enfant une communication gestuelle. Ils craignent que leur soit assimilé à un sourd-muet. Parfois on leur dit d'aller doucement avec l'enfant, mais il y en a qui sont obsédés de l'idée que son enfant doit absolument parler parceque généralement ça constitue la première plainte".
Un changement de paradigme s'impose face à un enfant autiste pour faciliter son adaptation et lui assurer une autonomie.
"La difficulté aussi c'est que généralement, les parents qui ont des enfants avec autisme ont tendance à faire des choses à sa place. Il s'agit notamment de l'habiller, brosser ses dents sous prétexte d'aimer l'enfant alors qu'il s'agit d'une mauvaise approche", déconseille le professeur.
Il faut dire que les enfants vivant avec l'autisme ont tendance à être agressifs.
Cela est dû, selon l'expert, au fait qu'ils n'arrivent pas à comprendre leur difficulté à communiquer ou à l'accepter et aussi parce qu'ils subissent parfois cette agressivité de la part des parents ou de l'environnement social du fait de cette même difficulté qui les rend différents des autres.
"Et ce qui peut encore accentuer ce trouble de comportement", a-t-il déclaré.
Si l'on constate la tendance au jeu chez certains enfants, c'est parceque ces derniers n'ont pas toujours la capacité de différencier chaque objet et son utilité.
"C'est ainsi que vous le verrez déverser la nourriture, introduire le stylo dans la bouche, etc", dit le docteur.
Le docteur fait savoir également qu'il existe plusieurs niveaux d'autisme et chaque patient à ses qualités.
"Un enfant avec autisme change difficilement un comportement appris. Il y a aussi des enfants qui manipulent de manière répétitive et stéréotypée la télécommande par exemple. Il y en a qui ont une intelligence bien perçante qui peuvent même allumer la télé, trouve un jeu qu'on ne savait pas trouver,etc".
La République démocratique du Congo peut compter jusqu'à 6 ou 7 millions des personnes vivants avec Autisme, un vrai problème de santé publique qui n'a pas toujours bénéficier de l'attention nécessaire dans le cadre de la Santé publique.
"Et là je me base des statistiques de l' OMS et l' ONU sur ce trouble dont on estime le taux à 1 sur 100. Et si nous sommes 100 millions au Congo, on peut estimer à 6 ou 7 millions de personnes avec comportement autistique. C'est un problème de santé publique, non pas un problème social", a-t-il affirmé.
Pour rappel, le monde consacre la journée du 2 avril de chaque année pour la sensibilisation pour l'acceptation et pour la défense des droits des personnes autistes.
Cette année, la célébration s'était concentrée sur les contributions des personnes autistes dans les espaces personnels, professionnels, artistiques et politiques dans le but d'aller Vers un monde neuro-inclusif pour tous.
Cynthia Kanama