GEM Report 2026 : La RDC défend une politique de redistribution pour garantir l’équité d’accès à l’éducation à l’horizon 2030

GEM Report 2026 : La RDC défend une politique de redistribution pour garantir l’équité d’accès à l’éducation à l’horizon 2030

Actualité
27 mars 2026

La République démocratique du Congo mise sur une logique de redistribution pour renforcer l’accès équitable à l’éducation. C’est ce qu’a affirmé la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté (EDU-NC), Raïssa Malu, ce mercredi 25 mars 2026 à Paris, lors du lancement du GEM Report 2026 organisé par l’UNESCO.

 

Dans son intervention, la ministre a exposé la philosophie globale de la réforme éducative en République démocratique du Congo.

 

« Pour la République démocratique du Congo, le financement n’est pas seulement une question de volume, mais un outil intentionnel de redistribution pour ne laisser aucun enfant de côté. Le premier mécanisme chez nous a été la généralisation de la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques. Désormais, l’État prend en charge l’intégralité des frais de fonctionnement des écoles primaires publiques, qui sont versés directement aux établissements. Pour garantir l’efficacité, nous distribuons également une prime de gratuité aux enseignants, désormais versée directement », a-t-elle fait savoir.

 

Cette politique a transformé le système éducatif congolais. Avant 2019, le financement reposait majoritairement sur les familles. À ce jour, l’État assume une part essentielle de cette charge, avec des effets économiques significatifs pour les ménages.

S’appuyant sur des données du rapport d’État du système éducatif (RESM) et de la Banque mondiale, Raïssa Malu a insisté sur l’ampleur de cette réforme.

 

« Le financement de l’éducation en RDC reposait sur les familles à hauteur de 70 %. Le passage à la gratuité représente un transfert de pouvoir d’achat vers les ménages estimé à plus d’un milliard de dollars par an. Par son ampleur et sa rapidité, il s’agit de la politique de redistribution sociale la plus massive de l’histoire de la République », a-t-elle dit.


Au-delà de la gratuité, le gouvernement a mis en place des mesures ciblées pour réduire les inégalités, notamment un programme de bourses en faveur des filles dans la province du Kasaï, bénéficiant actuellement à environ 49 000 élèves.

Aussi, un programme d’alimentation scolaire, avec l’installation des premières cantines nationales prévue dès septembre 2026, vient compléter ce dispositif.

 

Cependant, la ministre a reconnu que les défis restent importants, en particulier dans l’Est du pays, marqué par l’insécurité. Malgré ce contexte, elle a assuré que les priorités sociales sont maintenues, y compris dans les zones en crise.

 

Elle a ainsi rappelé les efforts consentis pour préserver l’accès à l’éducation dans les régions affectées par les conflits.

 

« Le principal frein à l’équité reste l’agression dont le pays est victime à l’Est, qui détourne des ressources vitales et déstabilise le système éducatif. Malgré cela, le gouvernement continue de faire du social une priorité. Le paiement de la prime de gratuité et les frais de fonctionnement des écoles restent prioritaires, même dans les zones de crise. La guerre ne doit pas priver les jeunes générations de la certification. C’est pourquoi l’État a pris en charge les frais de l’examen d’État pour les élèves du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ces deux dernières années », a indiqué la ministre d’État Raïssa Malu.

 

Willy Kambulu

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