Cantines scolaires en RDC : un plan d’opérationnalisation attendu dans 30 jours

Cantines scolaires en RDC : un plan d’opérationnalisation attendu dans 30 jours

Actualité
10 mars 2026

Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique d’alimentation scolaire pilotée par le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a rappelé aux membres du gouvernement la nécessité d’accélérer les actions visant l’opérationnalisation des cantines scolaires. 

 

Lors de la 81ᵉ réunion du Conseil des ministres, la cheffe du gouvernement a insisté sur l’importance d’investir dans l’alimentation scolaire, soulignant qu’il s’agit d’un levier stratégique pour le développement du capital humain et la réussite éducative en République démocratique du Congo.

 

Cette dynamique s’inscrit dans la continuité du lancement officiel du Programme national des cantines scolaires à Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika. Organisé à l’occasion de la Journée africaine de l’alimentation scolaire, l’événement s’est tenu autour des thèmes : « Garantir l’accès à des repas nutritifs, à l’eau potable et à l’hygiène » et « Promouvoir la sécurité et la résilience dans chaque investissement pour les repas scolaires ». Le choix de Kalemie illustre la volonté du gouvernement d’ancrer les politiques éducatives dans l’ensemble des territoires du pays.

 

Le programme s’inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’alimentation scolaire 2025-2030, élaborée par le gouvernement avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Cette stratégie constitue la feuille de route nationale visant à structurer un système durable d’alimentation scolaire, au service de la nutrition des élèves, de l’amélioration des performances scolaires et du renforcement du capital humain.

 

Pour illustrer l’impact de cette politique, la cheffe du gouvernement a évoqué l’exemple de l’école Kifungo, où la cantine scolaire fonctionne depuis 2009. Les résultats enregistrés sont significatifs : l’effectif des élèves est passé de 260 à près de 600, le taux de réussite oscille entre 80 % et 90 %, la rétention scolaire atteint 60 %, tandis que le taux d’abandon est passé de 6 % à seulement 0,5 %.

 

Ces résultats reposent notamment sur un partenariat étroit entre le gouvernement et plusieurs partenaires, dont le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Agence française de développement (AFD), qui assurent l’acheminement des vivres. Les communautés locales contribuent également à la réussite du programme à travers la manutention et la production agricole dans des champs communautaires dédiés aux légumineuses et aux céréales, renforçant ainsi l’appropriation locale de l’initiative.

 

Malgré ces avancées, la Première ministre a reconnu l’existence de défis persistants, notamment sur le plan logistique et en ce qui concerne la couverture nationale des cantines scolaires, actuellement estimée à environ 8 %. Face à cette situation, les ministres sectoriels concernés ont été instruits de travailler en étroite collaboration avec les ministères du Budget et des Finances afin d’assurer une mise en œuvre coordonnée et durable de cette politique éducative.

 

Dans cette perspective, Judith Suminwa Tuluka a demandé qu’un plan détaillé d’opérationnalisation des cantines scolaires lui soit soumis dans un délai de 30 jours. Ce document devra préciser les mécanismes de mise en œuvre, les modalités de financement, les dispositifs de suivi et d’évaluation ainsi que le calendrier de déploiement du programme.

 

Pour le ministère de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté, ce programme constitue une étape supplémentaire dans la consolidation des réformes engagées dans le secteur éducatif. Après la gratuité de l’enseignement primaire public, les cantines scolaires apparaissent comme un instrument stratégique pour améliorer la fréquentation scolaire, lutter contre l’abandon et favoriser de meilleures conditions d’apprentissage.

 

Reposant sur la Stratégie nationale d’alimentation scolaire (SNAS)  2025-2030, l’initiative s’articule autour de trois piliers principaux : la souveraineté alimentaire à travers l’agriculture locale, la protection sanitaire des élèves et la pérennité du système. L’objectif est d’assurer, à l’horizon 2030, un accès équitable à l’alimentation scolaire pour les élèves sur l’ensemble du territoire national.

 

Dans sa phase initiale, le programme cible 164 écoles situées dans les provinces du Tanganyika, de la Lomami, du Kasaï-Central et du Kasaï-Oriental pour l’année scolaire 2024-2025. Le menu type comprend des céréales, des légumineuses, de l’huile végétale et du sel, complétés par les produits issus des jardins et champs communautaires.

 

Marie Shomba

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